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14 Sep.

La trottinette, juste pour la ville ? Pas pour cette usine de l’Ouest, qui en fabrique aussi pour les agriculteurs

Cet engin tout-terrain a fait sa place dans les fermes, pour les déplacements quotidiensdes agriculteurs. Aujourd’hui, les trottinettes représentent 20 % de l’activité de l’entreprise Cochet, qui fabrique différents équipements agricoles et bien plus encore.

Son arrière-grand-père était maréchal-ferrant, mais quand le tracteur est arrivé dans les campagnes, l’entreprise familiale s’est reconvertie dans les outils agricoles. Les décennies suivantes, le nombre de fermes déclinant, la société a ajouté d’autres cordes à son arc. « Pour ne pas être trop dépendant des débouchés agricoles, on a par exemple développé les tracteurs pour espaces verts, ou encore les remorques porte-motos », raconte Ludovic Cochet, à la tête de cette entreprise d’une quarantaine de salariés, à Sougé-le-Ganelon, au nord de la Sarthe.

Il y a cinq ans, la société a lancé ses trottinettes électriques, sous la marque Zosh ,dédiée à ses produits « fun », pour se démarquer des gammes utilitaires.

Rapidement pourtant, cette trot’ est devenue une affaire de pro. Initialement conçus pour de la location pour promenade touristique, les engins ont en effet trouvé leur place… dans les exploitations agricoles. « On pensait que c’était pour s’amuser le week-end, mais lors d’une révision, une trottinette a affiché 4 000 kilomètres en un an ! L’éleveur s’en servait tous les jours, pour dépanner une clôture, chercher une vache… se souvient Ludovic Cochet. Les fermes sont de plus en plus grandes : quand vous faites dix ou quinze kilomètres par jour, c’est une réelle économie de fatigue. »

Le prix de ces trottinettes ? Entre 2800 et 5 900 €

Avec leurs larges pneus et leur look tout terrain, les trottinettes, vendues entre 2800 et 5 900 €, ont rencontré leur public aussi chez des maraîchers ou des pépiniéristes, qui y attellent parfois un porte-seaux, voire une remorque. Si bien qu’aujourd’hui, les agriculteurs représentent 30 % des ventes de trottinettes de cette entreprise qui réalise chaque année entre 13 à 15 millions d’euros de chiffres d’affaires, dont un petit tiers réalisé à l’export.

À 25 km par heure maximum, ces engins roulent en silence et surtout : sans essence. Un argument non négligeable vu le coût du carburant et que n’a pas le quad, même si ce quatre-roues reste prisé par les exploitants.

Aussi des triporteurs électriques

Autre argument alors que l’on a jamais tant parlé de souveraineté agricole, cet industriel dit se démarquer des marques asiatiques dont les pièces détachées ne sont pas toujours disponibles.

« Nos trottinettes sont réparables. À l’exception du moteur, tout est fait ici : usinage, soudure, peinture… Même nos batteries et nos autocollants, on les achète en Normandie », défend Ludovic Cochet, alors qu’il arpente « l’atelier », aujourd’hui moderne usine de 12 000 m² capable de sortir quatre châssis de trottinette à l’heure, mais aussi de longs chariots de coupes de moissonneuses-batteuses, des triporteurs électriques, et d’autres objets roulants non identifiés. Comme ce drift kart à trois roues, notamment vendu à des Center parcs. Bel et bien que pour s’amuser, cette fois.

Article Ouest France du 11 septembre 2026 – ROBIN Claire